Actualité publique

23 octobre 2026

🌊 Trois projets pour habiter autrement avec la Seine : découvrez les propositions inspirantes des trois équipes du 44ᵉ atelier !

Pendant trois semaines, les équipes du 44ᵉ atelier ont parcouru la métropole, rencontré celles et ceux qui la font vivre et confronté leurs expériences, leurs disciplines et leurs imaginaires. De ces explorations sont nées trois propositions traversées par une même question : comment redonner une place à l’eau et au vivant dans une métropole dense, tout en imaginant de nouvelles manières d’y habiter et d’agir collectivement ?

✊ Avec River Solidarity, l’équipe Riverhood envisage la Seine comme un bassin de solidarités socio-environnementales à révéler, relier et activer. L’arpentage et la cartographie sensible deviennent une méthode pour croiser observations, sensations, récits ordinaires et systèmes écologiques, et dépasser ainsi les lectures sectorielles et les frontières administratives du territoire. L’équipe explore ces solidarités dans trois dimensions - longitudinale, de l’amont vers l’aval ; latérale, entre le fleuve et ses rives ; et verticale, entre surface, sols et sous-sols - en associant une lecture poétique du fleuve à une analyse ancrée des risques et des inégalités socio-environnementales. Face aux inondations comme aux vagues de chaleur, la carte devient alors un outil pour faire apparaître des relations et des ressources existantes, souvent peu visibles ou déconnectées, et identifier les conditions de leur activation, du local à l’échelle du bassin.

⛲ Avec Le jaillissement du Jardin-Fleuve Metropolis, l’équipe Flow part du constat d’une Seine « momifiée », contenue par les infrastructures, les usages et les représentations, pour interroger nos rapports entre nature et culture. Au cœur de sa démarche, une matrice de littératie de l’eau explore différentes échelles - du jardinier au bassin fluvial - à travers le récit, les politiques publiques et la conception. Évolutive, elle fait dialoguer analyse et imagination pour dessiner une métropole-jardin-fleuve où le « jardinier » désigne une manière d’agir avec son milieu : humains, plus qu’humains, eau ou institutions peuvent tous prendre soin du territoire. En « mythologisant » le fleuve, l’équipe déplace les imaginaires pour ouvrir d’autres possibles. Sous le drapeau d’une « écologie pirate », l’équipe explore ainsi différentes transformations : réorienter les infrastructures portuaires pour reconnecter production et alimentation à l’échelle du bassin, ou d’imaginer, par l’inondation, les cimetières comme des lieux d’habitation pour une multitude d’êtres vivants. Autant de pistes pour réparer, plutôt qu’élargir, les fractures entre la métropole et le vivant.

🪢Avec Giving Space, l’équipe des Confluenceurs propose de « faire de la place » : à l’eau et à ses cycles, mais aussi aux usages, aux initiatives et à l’engagement des habitant·es. Une image guide leur réflexion : passer d’une métropole-nœud, où les enjeux et les réglementations sont si étroitement imbriqués qu’il devient difficile d’agir sur l’un sans toucher aux autres, à un filet plus souple où les relations peuvent circuler et évoluer. Plutôt que d’effacer l’existant, l’équipe cherche ainsi à assouplir les cadres et ouvrir des espaces d’action aux habitant·es. Des laboratoires - Assemblée de l’eau, rues d’inondation, nouveaux usages des berges industrielles ou espaces communs - permettent de tester localement ces transformations et d’imaginer leur circulation à l’échelle du bassin. « Faire de la place » devient alors une démarche à la fois spatiale et collective : redonner de l’espace au fleuve et au vivant, mais aussi créer les conditions pour que les habitant·es puissent agir sur leur environnement et en prendre soin.

Au-delà de leurs différences, les trois projets invitent à regarder autrement la Seine et les territoires qu’elle traverse, en questionnant les modèles qui façonnent leur développement. Prendre l’habitabilité comme horizon suppose de relier les expérimentations locales à des transformations plus larges : plutôt que de chercher à maîtriser le fleuve, les équipes explorent comment composer avec ses rythmes, renforcer les liens qu’il crée et faire place à l’expérimentation. Elles déplacent ainsi autant ce que l’on projette que la manière de faire projet.

Construire d’autres relations entre eau, vivant et métropole implique d’en créer les conditions : expérimenter des méthodes, tracer des trajectoires, croiser savoirs et expériences et, au-delà de dialogues interdisciplines, apprendre à déplacer nos cadres de pensée et nos manières de faire - à nous « dé-discipliner » pour ouvrir d’autres possibles.

  • Proposition Team Riverhood
  • Proposition Team Flow
  • Proposition Team Confluenceur
  • Team Flow
  • Team Confluenceur
  • Team Riverhood